C'est une discussion essentielle à avoir.
D'abord, la première raison que la plupart des gens donnent pour choisir les aliments bio c'est, en général, la santé... mais au sens personnel, "ma" santé. La distance, l'emballage, le type d'exploitation, le lieu d'achat... souvent importent peu. D'une manière, on est habitués comme ça en ville de nos jours. Et...
Effectivement, avec des taux de pesticides résiduels dans les fruits et légumes vendus au Canada qui ont plus que doublé entre 1994 et 1999 (Source: Équiterre, citant le Globe and mail, du 24 mai 1999).
Avec les animaux nourris de manière industrielle, qui en plus de leurs troubles de santé reliés et "nécessitant" nombre d'antibiotiques, sont nourris d'hormones de croissance, de farines animales, de céréales génétiquement modifiées, arrosées de pesticides, etc.
Les raisons de manquent pas pour motiver la transition aux aliments bio. Quand c'est local en plus (voir ci-dessous: 10 bonnes raisons de manger bio et local)
et qu'on l'achète au petit épicier du coin, là on peut trouver qu'on est en train de changer le monde.
Si on accepte le capitalisme vert ou qu'on croit à la consommation responsable mais ça c'est un autre débat.
Par ailleurs, quand on a accès, proche de chez nous aux aliments locaux et bio c'est plus simple (à Verdun, l'épicerie natuelle la plus proche vous savez où elle est ? A part le marché Atwater en saison et la Frigo Vert à Concordia que les gens du quartier ont peu la chance de connaître, je n'en ai pas trouvé ici ni dans les cinq quartiers environnants!)
Pas de voiture, donc sans aller chez le producteur directement et sans paniers bio (ça aussi proche de chez nous... et abordable?) mais avec de la recherche et du temps... Je prends part à un jardin collectif, un groupe d'achat, etc.
Dans les lectures récentes sur la question, je conseille:
Norberg-Hodge, H. et al. "L'étiquette 'biologique' est-elle suffisante?", dans Manger local, Écosociété, 2005, p.56-60.
extrait: " (...) le marché des aliments biologiques a été pris d'assaut par d'immenses entreprises misant sur la monoculture industrielle (...) le bilan n'est guère plus reluisant: perte rapide de la biodiversité..."
Letarte, Martine. "Bio pour les riches, restants pour les pauvre", L'itinéraire, numéro 128, avril 2005
Le projet auquel participe ce forum a pour objectif de voir comment répondre justement à ce dilemme: quand et comment trouver des aliments sains, abordables et locaux... à l'année longue, d'une façon que ce soit accessible à tous, bénéfique pour la communauté, en cohérence avec les écosystèmes...
Tant qu'à y être, vous pouvez poursuivre avec (et que le débat continue !):
10 BONNES RAISONS DE MANGER BIO ET LOCAL*
L’environnement !
1. L’agriculture bio est bénéfique pour la biodiversité
Une étude du Britain Soil Association révèle qu’il y a significativement plus de plantes sauvages et d’oiseaux sur les fermes bio que sur les fermes conventionnelles. D’autres ont montré une plus grande richesse en insectes et arthropodes divers, amenant un meilleur équilibre écologique.
2. L’agriculture biologique protège les sols et l’eau
Les pratiques de l’agriculture bio reposent sur la santé et la vitalité des sols. La rotation des cultures et les engrais verts sont des exemples de pratiques biologiques qui améliorent la fertilité, la structure, la circulation de l’eau et la vie microbienne dans la terre. De plus, l’absence d’usage de pesticides, de lisiers, et l’encouragement de maintenir une couverture végétale maximale sur les parcelles cultivées, font que la pollution des eaux de rivières est évitée.
3. Les produits locaux sont souvent moins emballés
Plus le rapport est direct entre les agriculteurs et les consommateurs, moins les aliments nécessitent d’être transformés ou emballés. Ceci a pour effet de réduire les quantités de déchets empilés dans les sites d’enfouissement.
4. L’agriculture biologique et locale est moins polluante et moins énergivore
Une agriculture qui utilise moins d’intrants chimiques et qui produit pour la consommation locale (régionale), réduit significativement la quantité de pétrole consommée pour produire et transporter la nourriture, contribuant ainsi à réduire l’émission de gaz à effet de serre. Une étude menée en Suisse démontrait que la consommation de fertilisant et d’énergie est d’environ 40 % moindre en bio qu’en conventionnel .
5. En agriculture biologique, les pesticides chimiques sont interdits
De plus en plus d’études démontrent les impacts négatifs des pesticides sur la santé, les enfants y étant les plus vulnérables. Les produits bio sont un moyen d’ éviter les résidus de pesticides. De plus, la santé des agriculteurs bio est moins à risque parce qu’ils ne sont pas exposés, dans leur travail, à des produits dangereux. Une statistique intéressante : aux États-Unis, la quantité d’insecticides utilisés est passée de 15 à 125 millions de livres depuis 1950, ce qui n’a pas empêché les pertes dues aux insectes d’augmenter durant cette période.
La santé !
6. Les produits bio sont souvent plus nutritifs
Des études démontrent que certains aliments bio contiennent plus d’éléments nutritifs que les produits conventionnels. Virginia Worthington, de l'Université John Hopkins au Maryland a dénoté que par exemple, les épinards bio ont 52 % de plus de vitamines C que les épinards conventionnels.
7. Les produits bio sont exempts d’organismes génétiquement modifiés (OGM)
Les organismes génétiquement modifiés sont des plantes (ou autres espèces) dont on a modifié la séquence génétique pour y introduire les gènes provenant d’un organisme d’une toute autre espèce. Les semences ainsi modifiées sont dites «transgéniques». Leur utilisation est interdite en régie bio. L’absence d’études indépendantes à long terme sur la santé laisse planer un doute. Les produits bio sont une façon d’éviter les OGM dans notre alimentation.
8. La viande bio ne contient pas d’antibiotiques ni d’hormones de croissance
La collectivité médicale au Canada reconnaît que les plus sérieux problèmes de résistance antimicrobienne chez les humains sont attribuables à l’utilisation excessive d’antimicrobiens dans les remèdes administrables aux humains et dans les médicaments employés dans la production de nourriture destinée aux animaux. Les animaux en régie bio ne sont alimentés qu’en aliments biologiques sans suppléments d’antibiotiques ni de régulateurs de croissance.
L’économie locale !
9. L’agriculture biologique et locale supporte l’économie régionale
En achetant des produits qui proviennent de régions avoisinantes, les sommes sont dépensées au Québec ce qui supporte la création d’emploi et fait rouler l’économie d’une région. Ces fermes contribuent aussi à favoriser l’occupation du territoire par l’activité agricole et à sauvegarder de la zone verte dans des secteurs où les pressions sont fortes en faveur du développement résidentiel.
Le goût !
10. Certains aliments bio et locaux ont une qualité gustative qui se distingue de leurs homologues issus de l’agriculture conventionnelle
Parce que leur croissance se fait « à leur rythme » (sans engrais de synthèse), les aliments bio ont acquis tous les éléments nutritifs du sol à la vitesse qui leur est propre, ce qui leur donne de bonnes chances d’être très goûteux. Souvent, les produits bio et locaux sont récoltés la journée même de la livraison ou la veille. Ceci assure un maximum de goût car les fruits et les légumes sont récoltés à maturité.
*Ce texte est une gracieuseté de: Équiterre
trouvé sur:
http://www.verger-biologique.com/